Elle ouvre un bocal de cerises à l’eau-de-vie.
Une cerise.
— C’est pas juste c’est pas juste !
Une gorgée d’eau-de-vie.
— T’es toute seule.
Une cerise.
— J’ compte pour personne.
Marie a fini le bocal, elle marche en titubant et en dégueulant. Elle dégueule dans la cuisine ; dans la chambre, la tante la couche.
***
Suite à une violente dispute avec sa compagne, Marie, mère de trois garçons, est interrogée par une personne dépositaire d’une autorité quelconque. Elle raconte une vie faite de misère et de brutalité, de son enfance jusqu’à l’évènement dramatique.
*
S’il s’éloigne du récit autobiographique qui caractérisait ses précédents ouvrages, Denis Belloc livre ici encore, et sans jamais sombrer dans un apitoiement déplacé, un texte d’une grande justesse sur la violence et sa réalité. Maniant avec adresse l’oralité et grâce à ce souffle qui lui est propre, il écrit un récit sans fard, mais non dénué d’humour, qui saisit et qui bouleverse. Le rééditer était essentiel.
*
« Le livre fermé, je le vois écrit dans une encre très noire, comme en relief » (Marguerite Duras).