Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.
Un article d'Inès Lefoulon pour Actualitté.com
Le Salon L’Autre Livre a changé de décor : après les éditions au Palais de la Femme, dans le 11ᵉ, il s’est installé cette année à la Mairie du 5ᵉ. Le déplacement n’est pas seulement géographique. Il traduit un élargissement : près d’une centaine de maisons présentes, contre soixante-quinze lors de la précédente édition. Une progression qui témoigne d’un milieu qui cherche encore, malgré ses fragilités, un espace commun où se tenir ensemble.
Dans un secteur largement dominé par quelques groupes industriels, L’Autre Livre occupe depuis plus de vingt ans une place à part. L’association, créée en 2002 et forte d’environ deux cents maisons d’édition, défend des catalogues qui échappent aux logiques les plus standardisées du marché. Le salon d’automne, doublé d’un rendez-vous printanier, prolonge cette mission en rassemblant éditeurs, auteurs et lecteurs autour d’une idée simple : protéger une diversité réelle. Toute l’année, la librairie de l’association, rue de l’École Polytechnique, reste un point de rencontre.
L’après-midi offrait plusieurs rendez-vous, dont une lecture de Mes femmes et mes enfants d’abord, donnée par Pierre-Jean Cherer avec plusieurs comédiens.
Aux Éditions du Vampire Actif, on résume l’enjeu en quelques mots : « Faire du salon un rendez-vous incontournable de l’automne. » Les Éditions Petit Pavé, présentes depuis les débuts et fortes de trente années d’édition indépendante, y voient un rendez-vous presque naturel, un point fixe dans un paysage mouvant.
Sur le stand des Éditions Le Chat Rouge présent depuis 6 ans au salon, on parle d’un passage dense : « Ça circule, ça achète. ». Leur constat rejoint celui de nombreux confrères : « Les éditeurs et libraires indépendants évoluent ensemble. Sans libraires indépendants, il n’y aurait pas autant d’éditeurs indépendants. » Malgré les fermetures récentes, la création de nouvelles librairies redonne un souffle inattendu à la chaîne du livre. Et chacun insiste sur une idée simple : le livre demeure un bien culturel durable.
Les Éditions Chèvre-Feuille Étoilée décrivent une réalité plus rude : vendre devient difficile. Mais ajoutent aussitôt : « La passion reste le moteur principal. » Les rencontres répétées d’un salon à l’autre, les visages familiers, les éditeurs croisés ailleurs : tout cela permet, disent-ils, de vivre « des choses formidables ».
Du côté des Éditions D’Avalon, la satisfaction est nette : occuper « un très beau lieu » et constater que les lecteurs sont « bien présents » donne un poids réel à leur participation. Plus loin, les Éditions du Citron Bleu insistent sur leur désir de présenter leurs ouvrages « au-delà de leurs propres murs ». Et, en écho, les Éditions Fdeville résument ce qu’on entend souvent au fil des conversations : « Cette belle énergie. »
Ces prises de parole, diverses en apparence, dessinent en réalité une même ligne : celle d’une activité qui tient par la volonté, la solidarité et la conviction que le livre mérite encore un espace pour exister.